Douce mamèrtume

Photo by Hanna Pad


Il y a mille ans, comme une tempête ébranlant mes certitudes,
tu explosais mon âme en fragments,
tu déchirais l’air, hier, tu respirais la colère.

Il y a mille ans, comme une furie hors du temps, asphyxiant mes moindres élans,
tu écorchais mon cœur en lambeaux,
tu étreignais le vide, hier, tu sombrais de rage.

Il y a mille ans, comme une grande souffrance, tu aspirais ma lumière,
tu m’engouffrais dans ton trou noir,
tu m’avalais dans ton néant, hier, tu me repoussais.

Il y a mille ans, comme un ouragan, tu as touché les terres de ton intérieur,
tu affaiblissais tes défenses,
tu éteignais ton feu, hier, tu t’effaçais un peu.

Il y a mille ans et pourtant, comme une porcelaine, effritée
sous le poids des années,
tu réconciliais la douceur,
tu prenais ma main, hier, tu m’as reconnue.

Il y a mille ans, comme une enfant s’éveillant d’une chimère improbable,
tu perdais souvenir de mémoire,
tu adoucissais ton cœur, hier, tu oubliais tes tourments.

Il y a mille ans, hier.

Décembre 2025


© 2026 Christine Simard. Tous droits réservés.

Commentaires

Messages les plus consultés