Ushuaïa


Photo : Zuarin

les mots viennent d’ailleurs 
de ce cœur qui se déverse
ce lieu érodé par les vents 
et les marées trop hautes
là où l’enfant demeure

les yeux pleurent 
la menace s’invite souvent 
laisse des traces
dans un visage autrefois lisse
maintenant crevassé

mes mots reviennent de loin
de ce voyage fait en agonie
avec des escales en Patagonie
sans jamais se poser
sauf dans le creux de mon estomac

les sourires se meurent
dans des visages qui ont trop vécu 
le silence pèse
sans se déposer
et me laisse sur un trottoir d’Ushuaïa

ses mots invisibles s’accrochent 
dans mon corps 
aspirés de l’intérieur 
sans respirer
le café a refroidi 


© 2026 Christine Simard. Tous droits réservés.


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