Five Roses
sept heures du matin
je passais en train
devant l’usine de farine
je voulais dormir jusqu’à demain
ma divine Clémentine
devant l’usine de farine
je voulais dormir jusqu’à demain
ma divine Clémentine
fallait régler des comptes
gérer des états comptables
des états d’âme brunis par l’ennui
dans mon habit beige
trop petit pour respirer
il n’y avait plus de neige
les visages gris piégés
par des mardis sans fin
se traînaient les pieds
des années à déraper
les chiffres disaient toujours vrai
les colonnes s’alignaient
il faudrait tondre le gazon
je m’accrochais à mon veston
pour retenir mes élans
j’aurais voulu me perdre dans les ruelles
t’offrir des fleurs du dépanneur
tenir ta main dans le dernier métro
t’embrasser au coin de la rue
mais le train m’attendait pour St-Constant
je suivais le troupeau
tu t’es envolée pour Mexico
j’ai réchauffé un TV dinner
© 2026 Christine Simard. Tous droits réservés.



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