L'hymne aux grillons
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| Photo de Alexey Chudin |
l’hymne des grillons entonnait l’éloge de la fuite au crépuscule
leur chant me rappelait les mélodies d’un hiver laissé loin derrière
je me remplissais du rose du ciel
de cet été tant espéré
qui finissait sur tant de fausses notes
de mots creux dans un puits sans fond
l’eau noire où je flottais
me ramenait à la surface
où tu te tenais
quelque part entre les lignes de fuite du cœur et de la raison
je me remplissais du rose du ciel
de cet été tant espéré
qui finissait sur tant de fausses notes
de mots creux dans un puits sans fond
l’eau noire où je flottais
me ramenait à la surface
où tu te tenais
quelque part entre les lignes de fuite du cœur et de la raison
les grillons ont chanté l’abandon
là où tu m’as conduite
à bord d’un navire immense comme le Vasa
sur un océan sans remous apparents
porté par le vent tiède du printemps
j’ai fermé les yeux sur ta vacuité
j’étais un territoire exploré
aux sentiments colonisés
impunément
sans y reconnaître les habitants
une terre piétinée
les grillons ont crié l’été
par cette soirée au ciel de jais
les regrets accrochés aux arbres
comme des fantômes
surplombant tes zones d’ombre
que tu fuis sans prévenir
j’ai bu ce qui restait des souvenirs
en nageant à contre-courant
là où je t’ai perdu
entre le Norrström et le St-Laurent
les doigts encore tachés par le rouge
des fraises de juillet
© 2026 Christine Simard. Tous droits réservés.



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